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Cela vaut le coup

Auteur : Hervé Petit Psychologue
Publié le : 14/09/2016
Le sport, le jeu en vaut la chandelle !

Il paraît que certaines personnes éprouvent tant de plaisir à faire du sport qu’elles en deviennent accro.

Pas moi.

Trop fatiguant, trop ennuyeux. Il pleut, il fait trop chaud, trop froid, il bruine, il y a de la rosée matinale et du pollen. C’est tout noir dehors, c’est tout gris, il y a trop de soleil, tout le monde va me voir ! Je suis tout seul, on est trop nombreux. Je n’aime pas porter de tenues fluo, ça me pique les yeux. Je suis mal équipé, ça coûte trop cher de s’inscrire, surtout que j’irai pas. Et puis la piscine c’est trop humide. J’ai mal aux genoux, aux épaules, au dos, au petit orteil, ça va me décoiffer et en plus la dernière fois j’avais une vache de grosse ampoule au pied droit. Je sue trop et je suis rouge comme un homard. Je n’ai pas une tête à chapeau alors dès que je mets mon casque de cycliste, j’ai l’air de la maison de schtroumpfs. Je suis trop vieux, trop jeune, trop grand, trop petit, je suis une catastrophe avec un ballon et pire encore avec une raquette. Ça monte trop, ça descend à pic. On se rend compte que je suis nul et je suis sûr qu’on se moque de moi dans mon dos. En plus les lacets de mes baskets se dénouent toutes les deux minutes et dans mon pantalon de jogging j’ai les plus horribles fesses du monde.

Ce qui est amusant, c’est comme mon discours diffère après avoir fait du sport.

Moi qui suis sportif comme mon chat stérilisé (lequel accuse 7 kg sur la balance), je vous dirai que c’était dur... mais bien. Je reviens trempé comme une serpillère avec l’air d’avoir fait le Vietnam et pourtant... Oui, c’était dur, mais je suis content. Même si j’ai la constante sensation d’avoir été super nul, je ne suis jamais déçu d’y « être allé ». J’ai presque envie d’y retourner. Enfin presque, faut pas pousser.

Voilà, pour moi c’est ça le plaisir du sport. Rien qui s’apparente au débordement d’enthousiasme promis par les discours des ultra sportifs sur les endorphines ; et d’ailleurs je continue de préférer le bœuf bourguignon au jogging. Je ne ressens que cette petite sensation de fierté calme, qui s’apparente moins au plaisir corporel qu’au sentiment honnête du travail bien fait, ou de la journée bien remplie. Je note aussi avoir un peu plus d’énergie dans la journée, être moins anxieux et mieux dormir.

Et vous savez quoi ? Cela vaut le coût. Vraiment.