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Conseils pour se faire vacciner malgré la peur des piqûres

Auteur : herve.petit
Publié le : 25/04/2017

Vous n’allez jamais vous faire vacciner par peur des piqûres ? Je comprends bien votre réticence.

Après tout, s’il était nécessaire de manipuler des araignées pour se faire vacciner ou je ne sais quelle épreuve terrifiante, nombre de nous feraient moins les fiers.

Aussi, voici quelques astuces qui peuvent vous aider.

 

> Allez le plus vite possible

N’avez-vous jamais vu un candidat à Fort Boyard devant sauter à l’élastique ? Si cette personne hésite quelques secondes, il lui devient quasiment impossible de sauter. Les samouraïs appelaient cela « la règle des cinq battements de cœur ». L’idée était d’agir avant que ne s’écoulent ces derniers pour ne pas se retrouver bloqué. Dès que les cinq battements de cœur sont passés, on commence à imaginer tout un tas de choses horribles qui, elles, nous bloquent dans notre action de manière irrémédiable. En pratique cela signifie acheter le vaccin dès que vous passez devant une pharmacie et aller chez le médecin dans la foulée.

 

> Évaluez les bénéfices/risques

Prenez une grande feuille A4 dans le sens horizontal. Faites deux colonnes de gauche à droite. « Risques si je ne me fais pas vacciner » et « bénéfices si je me fais vacciner ». N’hésitez pas à mettre le paquet pour remplir ces colonnes de façon à pouvoir vous en servir comme support de motivation. Si vous avez dans votre entourage une personne ayant eu de gros problèmes pour ne s’être pas fait vacciner, c’est le moment de lui téléphoner.

 

> Engagez-vous socialement

« Vendredi je vais chez le médecin pour me faire vacciner ». Dites-le à tout le monde. Prévoyez un dîner le soir même avec vos amis afin de fêter cet acte de courage. Il n’y a pas de mauvaise raison de se faire plaisir et de se récompenser. Mais plus important encore, le moment venu, il vous sera beaucoup plus difficile de vous désengager.

 

> Allez voir votre médecin pour autre chose, mais avec le vaccin dans la poche.

Et ne gardez pas le vaccin dans la poche, bien sûr ! Il est moins stressant de faire passer la vaccination « tant qu’on y est » plutôt que de ne venir que pour cela.

 

> Prévenez votre médecin que vous avez peur. Tous les praticiens ont dans leur boîte à outils des trucs et astuces pour les patients qui ont horreur des piqûres (rappelez-vous qu’ils voient aussi des jeunes enfants à qui l’on a seriné depuis petit de « ne pas avoir peur, cela ne fait pas mal… »).

 

> Déroulez votre flèche descendante

Cette technique est très efficace si ce n’est pas la piqûre en elle-même qui vous fait peur mais davantage les conséquences que vous l’imaginez pouvoir entraîner. Celles-ci sont souvent très intriquées d’éléments psychologiques infantiles, et donc très puissants. Mettez à jour votre scénario catastrophe avec la technique de la flèche descendante. Pour ce faire, concentrez-vous volontairement sur ce qui vous fait peur et en vous demandant à chaque fois « et si cela arrive, que se passe-t-il ? ». Par exemple : si je me fais vacciner je vais avoir mal. Et si cela arrive ? Je vais crier. Et si ça arrive ? Le médecin va me trouver nul. Et si ça arrive ? Il va le dire à tout le monde. Et si ça arrive ? Les gens vont rire de moi. Et si ça arrive ? Tout le monde va me rejeter. Et si ça arrive ? Je vais finir tout seul. » Déroulez votre scénario jusqu’à ce que vous arriviez au point où il n’y a plus rien de pire.

Oui, on est dans la psychologie, pas dans du Shakespeare. Les scénarios catastrophes finissent toujours avec des trucs de ce style. On finit tout seul, on meurt dans d’atroces souffrances, tout le monde nous rejette, la vie n’a plus de sens, etc. C’est donc une technique que l’on ne peut utiliser que si l’on a le cœur bien accroché. Si vous ressentez encore de la peur, recommencez depuis le début.

 

> Désensibilisez-vous

Préparez un verre d’eau rempli à ras bord. Puis installez-vous confortablement et pensez à la piqûre ou à ce qui vous fait peur en elle. Restez concentré dessus au moins une minute (c’est très long). Puis levez-vous, prenez le verre et promenez-vous chez vous sans en renverser une goutte. Cela va vous obliger à calmer votre rythme respiratoire. Ensuite retournez vous asseoir et repensez à cette fichue piqûre une minute, puis promenade avec le verre d’eau de nouveau. Recommencez jusqu’à ce que vous ne ressentiez plus qu’un malaise indéfinissable.

 

> Désensibilisez-vous encore !

Pensez à l’injection et imaginez celle-ci de la manière la plus atroce possible en restant concentré(e). Ce n’est pas très joyeux à faire mais cela marche très bien. Vous verrez, votre cerveau ne peut vous envoyer de manière continue de forts messages de peur. Au bout d’un moment il abandonne et ne vous laisse qu’un malaise indéfinissable. Restez concentré(e) encore un peu pour que votre cerveau parvienne, nouvelle expérience pour lui, à penser à la piqûre sans ressentir de sensations de peur.

 

> Modifiez les sous-modalités de votre représentation.

Ici nous n’allons pas modifier ce à quoi nous pensons mais comment nous le pensons.

Concentrez-vous sur la piqûre. Selon toute probabilité vous verrez votre bras à la première personne et en couleur, comme si vous observiez la scène par vos yeux. Peut-être entendez-vous un cri horrible ou je ne sais quoi de joyeusement terrifiant. Votre respiration s’est également très certainement coupée. Votre cerveau utilise sa manière habituelle de penser pour susciter une grande peur. Il faut changer tout ceci. Premièrement modifiez ce que vous voyez. Imaginez que vous vous regardez à la troisième personne, comme si l’on vous filmait et floutez la zone d’insertion de l’aiguille pour la rendre indistincte. Passez ensuite le film en noir et blanc et éloignez l’image, comme si vous la regardiez sur un vieil écran de télé qui s’éloigne. Ajoutez une musique ridicule, par exemple Annie Cordy qui chante « Chaud Cacao » et prêtez attention à respirer calmement par le ventre. Puis arrêtez quelques instants et repensez à la piqûre. Ce qui vous vient va être la représentation du début : en couleur et à la première personne. Agissez mentalement et écrasez cette représentation en lui imposant celle à la troisième personne, en noir et blanc qui s’éloigne et avec Annie Cordy. Recommencez à plusieurs reprises jusqu’à ce que la première représentation de la piqûre soit difficile à retrouver et ne provoque plus d’anxiété.

Et si rien de tout ceci ne marche pour vous ? Et bien ne vous en voulez pas trop. Vous avez fait de votre mieux. Peut-être que demain…

 

Hervé Petit

Psychosociologue et psychogérontologue