Dossiers Thématiques

L’académie du bien vieillir vous a proposé pendant la semaine du 10 au 14 avril 2017 une thématique sur les 5 sens. Retrouvez le book numérique dès aujourd'hui!

Mortality results from a randomized prostate-cancer screening trial.

Auteur : gilles.berrut
Publié le : 11/12/2015

Andriole GL, Grubb RL 3rd, Buys SS, Chia D, Church TR, Fouad MN, Gelmann EP, Kvale PA, Reding DJ, Weissfeld JL, Yokochi LA, Crawford ED, O'Brien B, Clapp JD, Rathmell JM, Riley TL, Hayes RB, Kramer BS, Izmirlian G, Miller AB, Pinsky PF, Prorok PC, Gohagan JK, Berg CD; PLCO Project Team.

N Engl J Med. 2009;360:1310-9.

Une diminution de 20 % du risque de décéder d'un cancer de la prostate est observée chez des hommes de 55 à 69 ans ayant bénéficié d'un dépistage systématique du cancer de la prostate, selon une grande étude européenne conduite sur plus de 162.000 hommes.  

Les premiers résultats de sept pays de l'étude baptisée "ERSPC" sont publiés en ligne par le New England Journal of Medicine (NEJM). Les participants, suivis en moyenne neuf années, ont été répartis en deux groupes : l'un s'est vu systématiquement proposer le dépistage - un dosage sanguin du PSA (antigène spécifique prostatique) tous les 4 ans - et l'autre non.  

"20 % en moins de mortalité liée au cancer de la prostate dans le groupe dépisté systématiquement, c'est une différence significative", indique le professeur Pascal Rischmann, président de l'Association française d'urologie.  

Selon une étude américaine paraissant simultanément dans le NEJM, au terme de 7 à 10 ans de suivi des 76.693 hommes de 50 à 74 ans, également répartis en deux groupes (1 dosage sanguin annuel), le taux de mortalité par ce cancer était très bas et ne différait pas significativement entre les deux groupes.

Ce qui n'invalide pas ce dépistage, car la controverse n'est pas finie, souligne l'éditorial de la revue américaine. "L'étude américaine est moins puissante, avec moins de participants et de sujets plus âgés" relève le Pr Rischmann. Pour autant, "pas question de proposer directement un dépistage de masse" souligne le Dr Jérôme Viguier de l'INCa (institut du cancer).

Le cancer de la prostate peut être agressif d'emblée, mais on peut aussi vivre avec pendant des années, voire toute la vie, sans savoir que l'on est atteint.  

"Le dépistage par PSA expose à un diagnostic de cancer chez des hommes qui n'auraient jamais souffert de la maladie et donc à un risque de surtraitement", relève le Dr Viguier.  "De nombreuses questions restent posées - sur l'âge, la fréquence du dépistage, le test lui-même, car d'autres tests sont en cours d'évaluation - et l'INCa met en place un programme de recherche pour tenter d'y répondre", souligne-t-il.

 La France compte quelque 62 000 nouveaux cas de cancers de la prostate par an.