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Relationship of depression to death or hospitalization in patients with heart failure

Auteur : gilles.berrut
Publié le : 11/12/2015

Sherwood A et al.

Arch intern med 2007;167:367-73

La depression est reconnue comme une facteur de risque dans l’insuffisance coronaire. Mais les conséquences pronostiques de la dépression au cours de l’insuffisance cardiaque ont été peu étudiées. Au sein d’une consultation externe, 204 sujets présentant une insuffisance cardiaque (FE< 40%) ont été inclus. La dépression a été analysée à l’aide de la Beck Depression Inventory (BDI) qui est une échelle d’évaluation de la gravité de la dépression (depression = score < 10/26).  Après 3 ans de suivi, le risque relatif de mortalité ou d’hospitalisation pour décompensation d’insuffisance cardiaque, en présence d’une dépression initiale, est de 1,53 [95% IC : 1,07-2,29], après ajustement sur l’âge, l’étiologie de l’insuffisance cardiaque, le taux de N-terminal pro-BNP, et l’utilisation initiale d’antidépresseur. De manière paradoxale, les patients qui ont reçu des antidépresseurs ont un risque accru de mortalité ou de décompensation d’insuffisance cardiaque (1,73 [ 95% IC: 1,14 – 2,68] ; p : 0,01) après ajustement sur la sévérité de la dépression et les autres facteurs pronostiques.

Cette étude issue d’un centre de consultation souligne une nouvelle fois l’effet délétère de la dépression sur le pronostic des affections cardiovasculaires (Frasure-Smith N. Circulation 1995 ;91 :999-1005 ; Carney RM. Am J Cardiol 2003 ;92 :1277-1281). La relation entre prescription d’antidépresseur (ATD) et mortalité est inattendue. Les patients recevant un ATD avaient une dépression plus sévère initialement que les autres dépressifs, mais après traitement la sévérité était semblable aux sujets non traités. D’autre part, les sujets n’avaient pas une insuffisance cardiaque plus sévère que les autres (sur les critères échocardiographiques et le taux de pro-BNP). Ce protocole ne contrôle pas les facteurs explicatifs de mauvaise tolérance des ATD. Ainsi, les sujets qui meurent sous ATD peuvent correspondre à une échantillon de sujets présentant des épisodes dépressifs majeurs récidivants et résistants aux traitements. Par ailleurs les ATD tricycliques ont une toxicité cardiaque connue, responsable de troubles du rythme ventriculaire (Ray WA. Clin Pharmacol Ther 2004 ;75 :234-41). Plusieurs études au contraire ont montré dans le contexte de dépression associée à une insuffisance coronarienne, le bénéfice des inhibiteurs du recaptage de la Sérotonine (IRS) sur le pronostic vital (Glassman AH JAMA 2002 ;288 :701-709).