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Ré-éduquer pour prévenir la récidive des chutes : la problématique des personnes à domicile et des exercices physiques.

Auteur : Guy Rincé
Publié le : 26/11/2015
Ré-apprentissage pour éviter la récidive des chutes

Prolonger les acquis de la rééducation fonctionnelle de la personne âgée chuteuse et/ou fragile vivant à domicile constitue un enjeu de santé publique majeur. L’entretien physique est systématiquement recommandé pour les personnes âgées demeurant à domicile. 

Pour autant, la façon d’encourager, de soutenir les changements, mais aussi le renforcement des capacités, l’ « empowerment » de ces patients à pratiquer le plus souvent possible ces recommandations demeure problématique.

 

Le groupe d’experts de l’Inserm souhaite la mise en œuvre de programmes permettant « de susciter la motivation pour la pratique d’une activité physique chez les personnes âgées sédentaires » et « d’évaluer l’efficacité et l’acceptabilité sur le long terme de différents types de programme d’exercices pour la prévention des chutes ».

 

Á domicile, nous savons que, sans entretien, la performance physique décline plus ou moins rapidement dès 6 semaines selon l’avancée en âge et la durée de la période d’entrainement. Il est à craindre que même les conseils, voire la prescription d’un entretien physique régulier, ne présentent qu’une observance à hauteur de 50% à l’instar des traitements médicamenteux prescrits.

 

En France, la récente étude OSSEBO proposait une session par semaine d’exercices en groupe et une incitation à pratiquer certains exercices à domicile. Cette étude conforte l’intérêt de proposer un programme d’exercices physiques pour diminuer les chutes traumatisantes chez le senior.

 

Par ailleurs, dans le domaine de la promotion à la santé, l’intervention téléphonique a déjà été étudiée pour l’arrêt du tabac, l’apnée du sommeil et les patients arthrosiques afin d’encourager l’observance aux traitements prescrits.

 

Aussi, entre 2011 et 2012, dans le service du Dr Coat-Couturier, au Centre Ambulatoire Nantais de Gérontologie Clinique, nous avons réalisé une étude préliminaire proposant à des patients, ayant bénéficié d’un programme de rééducation, de les suivre par téléphone pendant 6 mois. Cette intervention visait à maintenir les performances acquises au-delà des séances en associant un support-programme à un coaching téléphonique mensuel réalisé par le kinésithérapeute. Chaque appel était programmé, sous forme d’entretien semi-directif, motivationnel et comprenait une auto-évaluation à distance afin de renforcer la pratique de certains exercices. Á 6 mois, nous notons une bonne acceptation de l’intervention sans sortie d’étude, une bonne observance de la pratique d’entretien (4,6 jours/semaine) et aucun recours à la kinésithérapie motrice libérale durant cette période versus 32,5 % de la population habituelle à leur sortie de notre service. Cette étude, présentant de nombreux biais, a pour autant montré l’applicabilité à domicile de ce coaching téléphonique mensuel par le kinésithérapeute, associé au programme d’entretien physique.

Aussi, nous formulons l’hypothèse que cette intervention spécifique, réalisé par un kinésithérapeute spécialisé permettrait à des patients âgés chuteurs de maintenir leur performance physique à domicile pendant au moins 6 mois après leur sortie (projet de recherche STEP-PA).

Dans une perspective d’un bénéfice pour la santé publique, cette hypothèse étudiée d’abord à partir d’un service SRR pourrait secondairement être appliquée en complément d’une intervention libérale ou d’un organisme de santé afin de réduire les coûts de prise en charge de cette population.

 

Guy RINCE MK, Centre Ambulatoire Nantais de Gérontologie Clinique. CHU Nantes