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La dyspnée

Auteur : gilles.berrut
Publié le : 30/05/2016
Difficulté à respirer

La dyspnée est définie par une difficulté à respirer. 

Ce signe est très important en médecine car il oriente vers des maladies qui imposent une prise en charge médicamenteuse rapide lorsque la dyspnée est aiguë ou au long cours lorsqu’elle est chronique. On peut l’approcher de deux manières : par les organes ou par le symptôme.

La première, la plus habituelle pour un médecin, est de rechercher une défaillance d’un des deux organes qui peuvent provoquer un essoufflement : le poumon et le cœur. Les maladies du poumon empêchent de prendre l’air et de le rejeter. On pense aux infections du poumon (grippe, pneumopathie) ou à des maladies comme l’asthme ou la bronchite chronique. Le cœur peut être également responsable d’un essoufflement, car la pompe cardiaque ayant du mal à faire circuler le sang, ce dernier reste stagner dans les poumons, gênant l’aération des petites alvéoles. L’insuffisance cardiaque est la grande cause d’essoufflement, surtout après 60 ans, et l’essoufflement guide le médecin pour l’adaptation du traitement médicamenteux.

La seconde approche est celle du symptôme. En effet, le mécanisme de la respiration est fortement contrôlé par deux régions du cerveau : les zones motrices des mouvements du thorax et les zones émotionnelles et affectives. Ces zones émotionnelles expliquent qu’une émotion forte ou une anxiété puissent entraîner un essoufflement ; et à l’inverse que tout essoufflement puisse être source d’anxiété.

Manquer d’air est synonyme de mort imminente, bien respirer est signe de vie. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle dans les grandes traditions religieuses de différentes cultures, la vie reçue du créateur est qualifiée de souffle, et la création initiale est matérialisée parfois par un cri, comme celui de l’enfant qui nait.

Cette seconde manière de comprendre le souffle est souvent associée à la première manière, mais est parfois un peu oubliée ou considérée comme accessoire par les médecins. Des études récentes dans l’insuffisance cardiaque ou dans l’asthme montrent cependant que le traitement de l’essoufflement d’origine émotionnelle améliore la qualité de vie et le pronostic de la maladie.

Ecouter le souffle de l’autre pour l’aider à s’en plaindre, c’est peut-être le début du traitement.