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La grippe, c'est pas grave?

Auteur : gaetan.gavazzi
Publié le : 07/06/2016

La grippe atteint chaque année plusieurs millions d’individus en France, essentiellement des enfants qui restent le réservoir principal.

La grippe est pour les enfants et pour les jeunes adultes une maladie bénigne et s’exprime le plus souvent par une fièvre et une toux, un rhume, des écoulements naso-pharyngés, des douleurs musculaires d’une durée de moins d’une semaine. De façon remarquable dans ces populations, elle peut même être asymptomatique alors qu’elle est très contagieuse. L’histoire est toute autre en revanche chez les personnes vieillissantes, âgées ou très âgées.

 

 

En effet, il existe tous les ans une surmortalité hivernale en lien, pour sa majorité, directement ou indirectement avec la grippe. Cette mortalité liée à la grippe concerne pour plus de 90% les personnes âgées de plus de 65 ans. Ainsi, sur les 20 dernières années, cette surmortalité hivernale a concerné de 2 000 à 20 000 personnes et plus de 18 000 lors de cette dernière saison 2014-2015. Il peut sembler étonnant qu’une maladie infectieuse virale aussi bien connue atteigne autant d’individus, mais la grippe agissant comme un stresseur majeur déclenche des complications infectieuses d’origine bactérienne (surinfection) mais aussi des complications pulmonaires ou cardiovasculaires telles qu’insuffisance cardiaque, infarctus, accident vasculaire cérébral, etc.

Toutefois, un état des lieux très précis de la mortalité directe et indirecte de la grippe chez le sujet âgé est nécessaire pour en mesurer tout le poids et permettre potentiellement de l’éviter.

Parallèlement, elle induit à la fois dans la communauté, dans les EHPADs et à l’hôpital un risque de déclin fonctionnel, auquel s’associe aussi un plus grand nombre de syndromes gériatriques (chutes, iatrogénie, syndrome d’immobilisation). Une étude en EHPADs a évalué rétrospectivement la saisonnalité de la perte fonctionnelle moyenne qui a été rapportée à la grippe. Il existerait aussi un lien en fonction de la gravité de la grippe. Aussi, très récemment une étude menée dans une unité de médecine aigue gériatrique a montré, outre la surmortalité liée à la survenue d’une grippe communautaire ou nosocomiale, une dégradation fonctionnelle per hospitalière mesurée sur la perte d’ADL chez 66% des patients.

Si on mesure maintenant l’impact potentiel dans les EHPADs, il suffit de prendre l’exemple du dernier hiver qui, selon les sources de l’INVS en avril, dénombrait plus de 400 EHPADs avec des épidémies intra-institutionnelles avec des taux d’attaque à plus de 30% incluant résident et professionnels. L’épidémie est d’autant mieux gérée et courte qu’elle est déclarée et que les mesures préventives sont rapidement mises en place. Pour y arriver la surveillance continue, la prévention primaire par la vaccination et la connaissance des moyens et mesures à mettre en œuvre en cas d’épidémie sont toutes nécessaires.

Depuis les recommandations de 2012 sur la surveillance et la gestion des épidémies d’infections respiratoires aigües en EHPAD, les C-Clin et ARLINs ont développé des liens avec les EHPADs pour améliorer la gestion du risque infectieux avec l’aide de nombreux outils (exemple du site web C-CLIN Sud-Est dont la mallette numérique Mobiqual.