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Vaccination contre le pneumocoque : réduire les risques de la pneumopathie aiguë.

Auteur : gilles.berrut
Publié le : 26/04/2016
Ce n'est peut être pas qu'une bronchite: vaccinez-vous contre le pneumocoque

Qui n’a pas eu une « grosse bronchite » pendant l’hiver ? On pourrait ainsi penser que ce n’est pas si grave. 

Juste un moment désagréable, encore que le repos imposé a parfois des côtés réparateurs sur le surmenage au travail et donne le plaisir de rester un peu chez soi.

 

Mais ne nous y trompons pas, lorsque que nous parlons de pneumopathie à pneumocoque, nous décrivons une situation très différente.

 

D’abord cette bactérie, dont le nom savant est Streptococcus pneumoniae, s’attaque de préférence aux personnes faibles comme une vraie prédatrice. Ainsi, les personnes très âgées, ou moins âgées mais fragilisées par le tabac, l’alcool, un diabète ou certains traitements vont devenir des victimes préférentielles.

Dans ce cas, le patient ressent une sorte de douleur en coup de poing sur les côtes, puis une fièvre à 38,5°C ou 39°C va s’accompagner d’un essoufflement et rapidement d’une toux ramenant des expectorations abondantes et sales. Il est alors urgent de prévenir un médecin afin qu’il prescrive rapidement l’antibiotique approprié après un examen clinique et une radiographie thoracique. Lorsque la personne est fragile et que le traitement à domicile est difficile à conduire, il est tout à fait justifié d’adresser le patient à l’hôpital.

Les médecins devront alors apporter de l’oxygène, contrôler l’efficacité de l‘antibiotique et parfois en changer pour plus d’efficacité, il faudra aussi prévenir la survenue de phlébite très fréquente, maintenir une alimentation riche, ce qui n’est pas aisé avec les expectorations. En plus, les soignants veilleront à une reprise rapide du lever, au fauteuil, puis de la marche lorsqu’il s’agit d’une personne très âgée. Malgré tous ces soins attentifs, c’est la première cause de décès par maladie infectieuse !

 

En effet, à la faveur de cette infection pulmonaire, on peut craindre une extension de l’infection entraînant une septicémie ou une décompensation cardiaque parfois fatale, ou encore un événement ischémique cardio-vasculaire (accident vasculaire cérébral (AVC) car le cœur se met à être irrégulier. Ainsi une situation qui était initialement simple peut facilement devenir complexe à gérer, même en milieu hospitalier.

 

Il existe un vaccin qui doit être proposé à toutes les personnes ayant une baisse importante de leur défense contre l’infection, chez celles ayant une défaillance viscérale dont une insuffisance cardiaque, et chez toute personne âgée dont les conditions font suspecter une vulnérabilité particulière. Ce vaccin est réalisé une fois, le plus souvent après 65 ans, sans besoin de rappel. Les études montrent une diminution des complications graves et de la mortalité due à l’infection.

 

Sans doute devrions-nous nous poser la question : mais au fait, ne suis-je pas fragile, et donc à haut risque pour de telles infections, sans m’en rendre compte? Votre médecin traitant peut vous aider à discerner la pertinence de cette vaccination avant que les ennuis ne surviennent : de la prévention en quelque sorte.