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La vaccination contre le zona figure désormais au Calendrier Vaccinal

Auteur : gaetan.gavazzi
Publié le : 27/04/2016
Zona: une maladie pas si bénigne que ça.

Le zona est considéré comme une maladie bénigne par la majorité d’entre nous. 

Les médecins praticiens ont le plus souvent l’impression d’en voir rarement, tout au plus quelques-uns par an. Cette maladie arrive en fait suffisamment fréquemment pour concerner 300 000 personnes par an et près d’une personne sur 4 au cours de sa vie. Le risque se majore dès 50 ans et plus de la moitié des cas de zona concernent des personnes de plus de 60 ans. Il s’agit donc d’une maladie qui concerne plutôt la population vieillissante et les aînés.

Le zona correspond à la réactivation du virus de la varicelle et du zona (virus VZV), que l’on ait eu une varicelle vraie ou qu’on ait eu un contact avec le virus sans faire de varicelle-maladie. Ainsi les VZV qui ont une tendance naturelle à envahir les cellules neuronales (neurones) des nerfs innervant la peau sont maintenus inactifs grâce à notre système de défenses immunitaire. Quand ces systèmes deviennent faillibles à l’occasion de l'avancée en âge, de stress physique ou psychique, il y a un risque de réactivation des VZV qui migrent dans nos nerfs et vont provoquer la maladie connue sous le nom de Zona. Elle est caractérisée par une éruption sous forme de plaque rouge avec des vésicules (petits boutons plein de liquide translucide), qui se percent pour laisser des croutes qui cicatrisent en une quinzaine de jour. Si cela s’arrêtait là, la majorité d’entre nous ne se rappellerait pas du zona car le zona n’est pas responsable d’une mortalité directe élevée et donc pourrait être considéré sur le plan médical comme une maladie bénigne. Cependant, dans certains cas, des complications peuvent le rendre néfaste: des complications aiguës cutanées ou oculaires lorsque le zona a une localisation oculaire mais il peut aussi parfois représenter risque supplémentaire de décompensation de maladies chroniques sous-jacentes chez les personnes les plus âgées et porteuses de maladies chroniques. Le zona provoque aussi pour près de 80% des patients une douleur aiguë en lien avec la souffrance du nerf qui innerve la peau atteinte par l’éruption. Enfin, la persistance de cette douleur au-delà de plusieurs semaines est appelée douleur post-zostérienne et peut survenir dans certains cas. Cette complication concerne près d’un tiers des personnes de plus de 70 ans contractant un zona, au-delà de 3 mois après le début de la maladie, et encore 15% un an après le zona. Ces douleurs sont difficiles à prendre en charge, nécessitant des traitements locaux et généraux avec des médicaments pouvant avoir des effets indésirables chez ces personnes. Dans les cas où ces douleurs particulières surviennent, le zona réduit la qualité de vie et, chez les personnes les plus âgées, il peut même aboutir à une perte « d’autonomie ». Le risque de chute, de fractures et d'hospitalisation liées à l’utilisation des traitements contre la douleur est encore mal évalué, mais semble aussi majoré.

Une vaccination est maintenant disponible pour limiter la survenue du zona ou diminuer la sévérité des douleurs qui lui sont associées, si toutefois le zona survient malgré la vaccination.

 

La vaccination contre le zona est recommandée chez les adultes âgées de 65 à 74 ans révolus (co-administration possible avec le vaccin contre la grippe saisonnière).

Malgré une efficacité moindre, il est également possible, durant un an, c'est-à-dire jusqu'à la publication du calendrier des vaccinations 2017, de proposer une vaccination aux personnes âgées de 75 à 79 ans révolus.

Il a été démontré, pour d'autres vaccins, qu'il n'y a pas d'intérêt à proroger une telle période au-delà d'un an, la plupart des personnes désireuses de bénéficier de ce rattrapage se faisant vacciner dans l'année.

Ce vaccin vivant atténué est contre-indiqué chez les personnes immunodéprimées.