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L’académie du bien vieillir vous a proposé pendant la semaine du 10 au 14 avril 2017 une thématique sur les 5 sens. Retrouvez le book numérique dès aujourd'hui!

ON NE M’Y REPRENDRA PLUS

Auteur : herve.petit
Publié le : 29/04/2016

Cette année, c’est décidé, je ne me fais pas vacciner avant de partir en voyage. Ah ça non, après ce qu’il s’est passé l’année dernière, merci bien.

En fait, avant même d’être vacciné, je sentais qu’il y avait quelque chose qui allait mal tourner. Je le sentais. Et tu sais comme j’ai le nez pour ce genre de choses. Pourtant j’avais correctement prévu le coup. J’étais donc allé au centre du voyageur international de l’hôpital sans m’être renseigné, le plus tard possible, afin d’être tranquille. Et bien non. J’avais mal calculé mes dates et ça allait encore pour les délais. Là en plus, je l’ai pas joué fine et j’ai eu la mauvaise idée de leur raconter que je partais en trekking. T’imagine pas le cocktail qu’ils m’ont proposé. Tétanos, poliomyélite, diphtérie, fièvre typhoïde, hépatite A, hépatite B, méningite, rage. Et en bonus, le traitement préventif antipaludique. Manquait plus que le vaccin contre la « maladie d’amour, maladie de ma jeunesse ». Remarque ça n’aurait pas été plus mal.

Bon, je me console en me disant que, suite aux injections, j’allais être malade comme un chien pendant une semaine mais rien. Pas même un bouton sur le nez. A se demander ce qu’ils m’avaient injecté.

Je rentre donc chez moi, la mort dans l’âme et prépare mes valises pour le Sénégal : doudoune, moon boots et tout.

Bien sûr, comme mon carnet de vaccinations était malencontreusement décoré comme un général de république bananière, j’ai pu accéder à l’avion. Hôtesses jolies et aimables, vol sans histoire, même le plateau-repas était bon. Et quand j’ai vu que l’eau était encapsulée, j’ai tiré la gueule. Pauvre de moi, j’étais parti pour deux semaines d’enfer.

J’étais bien déterminé à rattraper le coup.

J’ai donc consciencieusement bu de l’eau au robinet, je me suis promené sans écran total en plein cagnard. J’ai aussi fait des câlins à tous les chiens errants que j’ai croisés et ai bien sûr jeté à la poubelle la moustiquaire que les gens de l’hôtel avaient malencontreusement accrochée autour de mon lit le premier soir (à se demander à quoi ils pensent ces gens-là). Et tu veux savoir ? Nada. Ni la dengue, ni un foutu neuro palu. Et moi qui me faisais une joie de le chopper, ce psalmodium falciparum, ça aurait fait la nique à mon prof du collège qui me disait que je ne valais rien en latin.

Oui, oui, je sais que ce n’était pas lié à la vaccination mais j’ai ma théorie. En fait, j’étais tellement chargé à la gueule de vaccins et de médicaments que pour les moustiques et bactéries je devais briller comme Tchernobyl dans le noir. Du coup ils m’évitaient comme la peste. Non mais tu réalises, pas même une petite turista ! Moi qui suis pourtant connu à travers toute la région équatoriale pour la fureur de mes gastros, j’en ai dissimulé mon visage de honte pendant tout le voyage. Au retour j’avais demandé au tour opérator mais ce n’était pas un motif de remboursement valable.

Bref, je ne te fais pas le catalogue de mes ennuis, tu sais que je ne suis pas du genre à aimer me faire plaindre. Mais pour que l’histoire soit complète, rappelle-toi que j’avais gentiment accepté de garder mes petits-enfants juste à mon retour de voyage. Je me bidonnais de plaisir anticipé à l’idée de refiler la fièvre jaune à toute la famille. Et bien rien. Rien. De rien de rien de rien.

 

 

Ah non, décidément cette année, les vaccins, on ne m’y reprendra plus !

Hervé Petit

Psychosociologue, psychogérontologue

 

Nota bene : ce texte est une caricature volontairement humoristique. Se faire vacciner permet de vous protéger de certaines maladies infectieuses, mais les vaccins ne sont pas efficaces à 100%, et vous devez malgré tout faire preuve de précautions et ne pas avoir de conduites à risques