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L’académie du bien vieillir vous a proposé pendant la semaine du 10 au 14 avril 2017 une thématique sur les 5 sens. Retrouvez le book numérique dès aujourd'hui!

La presbyacousie

Auteur : christelle.moelo
Publié le : 10/04/2017

Au même titre que la « presbytie » touche la vue, la « presbyacousie » désigne le phénomène de détérioration progressive normale de l’audition, liée au vieillissement de l’oreille interne.

 

Elle touche l’homme et la femme à partir de 50-55 ans, et peut être favorisée par des facteurs environnementaux (exposition au bruit) ou médicaux.

Les 2 signes d’alerte significatifs sont :

- la gêne à la compréhension dans le bruit

Il devient difficile de suivre une conversation de groupe ou, d’une façon plus générale, dans un milieu bruyant.

- l’intolérance aux sons forts

Le sujet ne supporte plus - ou très mal - les ambiances bruyantes. Alors même qu’il ne comprend plus les conversations courantes, il ressent douloureusement la perception de mots prononcés à haute et intelligible voix au creux de son oreille.

 

La presbyacousie entraîne une surdité caractérisée par une perte d’audition sur les fréquences aiguës, ce qui a pour conséquence de déformer la parole entendue.

Plus que l’audition, c’est la compréhension qui est finalement touchée.

La presbyacousie peut s’accompagner d’acouphènes : ce sont des bruits entendus dans l’oreille sans excitation sonore extérieure. Ils semblent provenir de la tête.

Ils peuvent être temporaires ou chroniques et devenir très gênants, surtout si l’on se focalise dessus.

Actuellement, il existe une prothèse capable d’émettre un bruit blanc continu afin de masquer les acouphènes. Mais il faudra surtout apprendre à vivre avec. Des thérapies comportementales peuvent être d’une bonne aide.

 

Les conséquences de la presbyacousie sont nombreuses.

En effet, comment vivre sereinement dans un monde de contresens et de faux-sens ?

Moins bien entendre, c’est se priver d’un lien au monde : les conversations avec ses proches, le chant des oiseaux ou sa musique préférée… Frustration, honte, colère, anxiété, perte d’estime de soi… sont autant de sentiments qui peuvent traverser la personne qui devient malentendante.

Au sein du couple, mauvaise humeur, tensions et incompréhensions s’installent, le sentiment d’impuissance grandit, les échanges paraissent de plus en plus compliqués et se raréfient.

 

Entendre moins bien, c’est comprendre moins bien, mais aussi être moins bien compris : la voix peut s’altérer, le timbre se modifier.

Essayer de compenser en redoublant d’attention, en lisant sur les lèvres ou en s’aidant du contexte est très fatigant. Le stress et la fatigue augmentent les acouphènes : un cercle vicieux s’installe.

Enfin, quand l’audition baisse, le cerveau se voit privé d’une grande quantité d’informations, et cela contribue à l’aggravation des troubles cognitifs.

 

Pour toutes ces raisons, il est important d’envisager un appareillage précoce, et une prise en charge pluridisciplinaire coordonnée.

La prise en charge de la presbyacousie visera à traiter et/ou compenser le déficit d’une part (médicaments, appareillage), et à réhabiliter la communication et la vie sociale d’autre part.

Une fois le diagnostic posé chez l’ORL, l’appareillage se fera chez un audioprothésiste.

Il conseillera sur les différents types d’appareils, effectuera la mise en place des appareils et les réglages. Enfin il assurera leur entretien.

En parallèle, des séances d’orthophonie peuvent être prescrites.

Elles seront d’une grande aide à la personne pour s’approprier ses appareils auditifs et à rééduquer l’oreille à cette nouvelle audition, tout en prenant en compte l’entourage du patient.

Après un bilan prescrit par le médecin, c’est l’orthophoniste qui décidera du nombre de séances et de leur contenu, en accord avec le patient.

Pendant les séances (prises en charge par la SS à hauteur de 60%, le reste étant remboursé par les mutuelles), plusieurs objectifs seront visés : travail de rééducation auditive, apprentissage de la lecture labiale, renforcement des compétences cognitives et de la mémoire, techniques de communication, conseils à l’entourage…

Le patient pourra également travailler sa voix et son articulation afin d’être mieux compris.

Le travail avec l’orthophoniste et un partenariat ténu avec l’audioprothésiste permettront de mettre toutes les chances de son côté pour vivre en harmonie avec ses appareils et retrouver le plaisir d’entendre.

 

Christelle MOËLO

Orthophoniste

Institut Public La Persagotière