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L'épuisement des aidants familiaux

Auteur : chrystelle.thebault
Publié le : 06/10/2016

Chaque famille a sa propre histoire. Chaque famille est comparable à une auto-organisation qui fonctionne avec ses règles, son mythe, ses rites, ses valeurs. 

Dans cette configuration, chacun a une place déterminée avec pour objectif commun d’assurer la survie, la croissance et la protection des siens contre les agressions internes ou externes. Cependant, la façon dont va être assurée cette fonction protectrice initiale dépend aussi de la qualité et de l’intensité des liens d’attachement entre les membres qui composent la cellule familiale.

La dépendance d’un conjoint ou d’un parent entraîne une situation de crise qui met en jeu ces liens profonds d’attachement et oblige à prendre en considération les « comptes relationnels » :  ce qu’on a donné, reçu, ce qu’on voudrait encore donner, recevoir et comment on se sent reconnu.

Le face à face journalier avec la détérioration physique et/ou psychologique d’un proche confronte l’aidant – conjoint ou enfant – à des sentiments aussi divers que l’angoisse, l’anxiété, la colère (contre soi, contre l’autre, qui, n’étant plus tout à fait le même, vient questionner le sentiment d’appartenance), la honte, la culpabilité…

Cette implication dans l’accompagnement répond à des raisons légitimes comme l’amour, le devoir, les loyautés familiales, les difficultés financières, le manque de place en structures adaptées. Cependant, celui qui aide, qui en fait beaucoup et qui est amené à en faire toujours plus pour parer au moindre besoin de son proche au point, parfois, de s’oublier, court le risque de l’épuisement.

Les conséquences sont alors multiples pour cet aidant :

-       Appauvrissement de sa vie sociale (deuil de projets pour soi ou à 2), voire isolement avec la reste de sa famille (enfermement dans la relation avec le malade),

-       Risque pour sa santé physique (troubles du sommeil, fatigue aigue, baisse de ses défenses immunitaires, addiction.) et/ou psychologique (sentiment de dévalorisation, d’incompétence, perte de confiance en soi en lien avec la perte de la relation avec son proche, dépression, décompensation…),

-       Risque d’une inversion de rôle où le conjoint, l’enfant glisse progressivement vers celui du soignant, du parent (celui qui sait),

-       Risque d’une substitution totale au malade au point de faire à sa place, de ne plus percevoir les capacités restantes et limites de ce dernier, de ne plus voir les siennes (« il faut que je sois là, c’est comme ça, je n’ai pas le choix »),

-       Risques de négligences ….

L’aide quasi-sacrificielle apportée au sien devenu dépendant revêt souvent de « comptes relationnels » non réglés, où les attentes restées infinies rendent la séparation complexe voire impossible. C’est toute cette dimension aux enjeux relationnels fondamentaux que vient questionner la dépendance de son parent ou conjoint.

La famille peut alors être ressource face à l’épuisement de l’aidant qui le rend tout aussi vulnérable que le malade. Des dispositifs professionnels existent aussi pour le soutenir, le reconnaitre dans son engagement moral tout en lui permettant de rester à sa juste place, celui d’un aimant, enfant ou conjoint. 

Chrystelle THEBAULT

Coordinatrice ALMA 44 (Allô maltraitance adultes âgés et/ou en situation de handicap)

 

ALMA44 (Allô Maltraitance adultes âgés et/ou en situation de handicap) est une association de loi 1901 d’utilité publique. ALMA 44, adhérente à la Fédération nationale « 3977 contre la maltraitance », mise en place à la demande du Ministère des Affaires Sociales et de la Santé.

Historiquement, il s’agit du premier vecteur d’alerte des pouvoirs publics en France qui associe proximité, compétences, efficacité et économie de moyen, le dispositif de l’écoute et du suivi de situation reposant exclusivement sur un fonctionnement bénévole.

La mission principale est l’écoute, l’évaluation et l’orientation de situations de maltraitance qui concernent dans plus de 70% des cas le domicile. Toutes les situations que reçoit le centre départemental (126 en 2015) ne relèvent pas de la maltraitance mais toutes sont concernées par un contexte de souffrance dans l’accompagnement d’un proche.

Permanences téléphoniques : 02 40 710 710 Lundi et mercredi de 14h00 à 17h00.

N° national 3977 : Lundi au vendredi de 9h00 à 19H00